NAIEVETES POLITIQUES


HOTEL MINSK

hôtel MINSK-faux dialogue trompeur et naieveté politique-

L'ancien président biélorusse Alexandre Loukachenko confirmait que les travailleurs des médias d'État en grève au Bélarus sont remplacés par des journalistes russes. «Un lieu saint n'est jamais vide. En Russie, nous en avons environ 60 000. soi-disant des travailleurs invités. Dans diverses positions, même en politique. Les Russes ne font aucune réclamation contre nous », déclarait vendredi 21 août Loukachenko dans un discours aux employés du complexe agricole de Dzerjinsk. Cité par l'agence de presse d'Etat BelTA. Selon Loukachenko, l'idée d'attirer des journalistes russes vient du constat observé lors du départ du personnel de la télévision d'État " ils couraient dans les rues pour commencer un rassemblement". "Cependant, il faut comprendre qu'on ne vous attend nulle part - la concurrence est élevée. J'ai demandé aux Russes: donnez-nous deux ou trois groupes de journalistes en remplacement. Cela représente six ou neuf personnes de la télévision la plus avancée », affirmait Loukachenko. «Et laissez nos jeunes voir comment ils travaillent. Écoutez, ces deux ou trois groupes ne sont pas encore tous arrivés, et la moitié de ceux qui courraient autour du bâtiment de Belteleradi sont revenus. J'ai dit, eh bien, reprenons-les aujourd'hui. Mais quiconque part demain, ne pourra plus revenir à son poste», ajoutait-il. Des représentants de la télévision et de la radio publiques bélarussiennes confirment que des journalistes russes commencent à travailler. Les grévistes de Belaruskalij seront remplacés par des mineurs d'Ukraine Les grévistes du géant des engrais potassiques Belaruskalij pourraient être remplacés par des mineurs d'autres pays. «Êtes-vous en grève? Peu importe. Je signale au responsable: inutile de courir après eux. À Salihorske, il y en a 2 mille. les gens qui veulent travailler pour Belaruskalij. viendront, il y aura de nombreux chômeurs dans le monde. Des mineurs d'Ukraine viendront», déclarait Loukachenko. cité par l'agence de presse d'Etat BelTA.


Selon les déclarations de l'opposition au Bélarus, les manifestations de masse du dimanche 23 août étaient les dernières du genre. Le dictateur laissa faire au lieu de la réprimer, en donnant l'impression de maitriser totalement la situation. Sans oublier les déploiements policiers, et ceux de l'armée et des services de sécurité à ses ordres. Les manifestants manifestèrent sans entraves. Sous l'oeil vigilant des forces de l'ordre militaires. Il reste des photos de foules rassemblées, sans aucune brutalité. Toutefois il ne faut pas se tromper sur la position réelle de la force ce dimanche là. L'opposition au régime était canalisée, controlée, surveillée. Sans autre capacité que celle de manifester pacifiquement. Ni arrestation, ni violences. Le laisser faire sous contrôle constitue une technique de maitrise de la situation. Il ne restera RIEN de ce gigantesque rassemblement, que le souvenir d'un imposant mouvement de masse, sans aucun résultat concret. Laisser s'exprimer libère les énergies. Désormais l'opposition n'a plus rien à dire après s'être défoulée. Là se trouve le sens du message de Putine "dialoguer avec le peuple". Une litote en somme. L'opposition obtenait ce qu'elle désirait : l'expression populaire publique. Une fois exprimées les revendications orales, il ne reste RIEN à dire. Le dictateur est toujours là. Un marché de dupes? Certainement dès lors que l'opposition est prise à son propre piège, celui de la parole publique exprimée. trop sure d'elle Svetlana déclarait lundi matin 24 août "S. Cichanouskaja: mes daugiau nebijome, Baltarusija pakils kaip feniksas "nous n'avons plus peur, la Biélorussie se lèvera comme un phénix". Ce qui reste à démontrer car les défilés du 23 août sont trompeurs. Manifester et faire la grève installent la paralysie dans un pays, voyez 1968 en France. La perte de contrôle de ces moyens, au profit de son adversaire, transforme un succès relatif, et temporaire, en une catastrophe retentissante. Sans doute est-ce la fin de l'opposition pacifique et citoyenne par excès de naieveté politique.


Violation de frontière mineure

la menace de l'Otan était un ballon sonde lituanien

Une note était adressée lundi au Bélarus concernant une possible violation de l'espace aérien lituanien pendant la Route de la Liberté le 23 août. "Leur hélicoptère (bélarusà) a violé notre espace aérien et aujourd'hui l'ambassadeur de Biélorussie a reçu une forte note de protestation", déclarait lundi le ministre des Affaires étrangères Linas Linkevičius au BNS. Selon lui, l'hélicoptère était visible visuellement à Medininkis, au bout de la chaîne vivante. "Nous avons des informations de notre contrôle de l'espace aérien selon lesquelles il y a une violation ». Selon le chef de la diplomatie lituanienne. nous avons nos informations de contrôle de l'espace aérien qui constituent une violation. À ce moment-là, l'agence de presse biélorusse BelTA annonçait lundi une tentative de violation de l'espace aérien biélorusse du côté lituanien - selon le ministère biélorusse de la Défense, une sonde avec huit ballons et des symboles "anti-étatiques" était lancée depuis la Lituanie. BelTA affirme encore que la sonde était arrêtée par un hélicoptère biélorusse Mi-24, une note est en cours de préparation pour la Lituanie à propos de cet incident. Cependant, le chef de la diplomatie lituanienne confirmait au BNS qu'aucun document de protestation n'était encore reçu à ce jour. Dimanche soir 23 août, une campagne de soutien au peuple biélorusse luttant pour un changement démocratique avait lieu en Lituanie. Entre la place de la cathédrale de Vilnius et le mémorial Medininkai à la frontière - 32 km - environ 50000 personnes s'accrochaient à la chaîne vivante.


Déclarations de bourrage des crânes vides de sens

L'Europe doit exprimer une position unie sur la situation en Biélorussie et le faire non seulement en paroles mais aussi en actes - en imposant des sanctions aux représentants du régime dès que possible, déclarait le ministre lituanien des Affaires étrangères Linas Linkevičius. «Aujourd'hui, nous ne parlons pas seulement de la Biélorussie, pas seulement du sort des Biélorusses, pas seulement de l'exploitation d'éventuels crimes. Nous parlons de nous. Comme toujours, nous faisons des déclarations et nous sommes très doués dans ce domaine, surtout lorsque nous exprimons notre inquiétude et notre profonde préoccupation. Cependant, il est important de préciser que ce qui se passe sur le continent européen est inacceptable et intolérable », affirmait lundi L. Linkevičius lors du forum Kalinauskas à Vilnius. Il soulignait que les habitants du pays voisin n'exigent pas grand-chose - seulement un dialogue avec leur propre gouvernement et la possibilité de décider eux-mêmes de l'avenir du pays. "Nous devons nous ranger avec eux: tout d'abord, nous pouvons faire ce que nous pouvons pour parvenir à une position internationale afin qu'il soit clair qu'elle repose sur des valeurs, et pas seulement des déclarations, mais aussi des sanctions imposées dans les plus brefs délais". Le chef de la diplomatie lituanienne. exhortait les participants de la conférence à se concentrer sur les mesures pratiques qui pourraient être prises pour aider un pays voisin. Nous devons nous joindre à eux: premièrement, faire ce que nous pouvons pour parvenir à une position internationale afin qu'il soit clair qu'elle repose sur des valeurs, et pas seulement sur des déclarations, mais aussi sur des sanctions imposées le plus rapidement possible. La conférence était également saluée par la candidate de l'opposition à la présidence biélorusse Sviatlana Cichanouskaya, dont la déclaration écrite rend hommage à ses concitoyens Biélorusses "ils apprennent actuellement la leçon historique selon laquelle la liberté n'est jamais obtenue pour rien - elle doit être gagnée. «Actuellement, les forces armées dans la capitale de mon état intimident les manifestants pacifiques pour oser parler, et une personne  prend en otage toute la nation afin de rester président. Ce n'est plus comme ça - le peuple biélorusse en a décidé autrement ». Selon S. Cichanouskaya les plus grandes manifestations de l'histoire du pays montrent que les Biélorusses se sont réveillés et n'ont plus peur, et le pays, selon elle, est ressuscité des événements d'aujourd'hui comme un phénix de ses cendres. L'eurodéputé libéral Petras Auštrevičius soulignait que la Biélorussie devenait un sujet majeur de préoccupations dans la région de manière inattendue, car le Bélarus  jusque-là était considéré comme un pays où rien ne changeait. Cependant, il soulignait encore que la situation ne devait pas être considérée naïvement, que la menace posée par la politique agressive de la Russie à l'égard de la Biélorussie et de la centrale nucléaire d'Astrava ne devait pas être oubliée. "Il m'est difficile d'imaginer que dans ce climat de troubles politiques, une centrale nucléaire nouvellement construite, bientôt opérationnelle, pleine d'erreurs techniques, d'inefficacités et de chaos". Anatoly Liabedzka, le chef du Centre de dialogue européen biélorusse, déclarait aussi que ce qui s'est passé en Lituanie dimanche 23 août, quand environ 50 mille personnes formèrent  la chaîne vivante de soutien à la Biélorussie, c'était «phénoménal» et ils en ont été remerciés. Soulignant enfin que le président du Bélarus Aliaksandr Lukashenko devenait une menace pour la vie de millions de personnes, ainsi que pour la souveraineté du pays. "Les événements d'hier montraient M. Loukachenko portant un gilet pare-balles. Une excellente image pour les politiciens qui pensent qu'il doit être remplacé". Le Forum Kalinauskas discute de l'avenir de la Biélorussie. Il se tient pour la première fois à Vilnius. L’un des organisateurs de la conférence, le conservateur Žygimantas Pavilionis, affirmait que l’objectif de la conférence était de connaître les attentes du peuple bélarussien vis-à-vis de la Lituanie et de l’Occident afin de réfléchir à ce que la communauté transatlantique devrait faire pour rendre la politique plus efficace et cohérente. Des interrogations restées sans réponse, faute de volonté affirmée.



 

en ligne le 24-8-2020